Brand Journalism : quand le marketing sort ses marques

Publié: 27 mars 2013 dans Chroniques radiophoniques, Société
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logo Radio Dijon CampusChronique réalisée dans le cadre de l’émission Médiapolis, sur Radio Dijon Campus, le 27 mars 2013 – Master 2 Euromédias

Au moment même où les citoyens ont besoin de repères et d’informations fiables pour décrypter le monde qui nous entoure, le cynisme continue de faire des victimes. Première d’entre elles, le journalisme. Profession chahutée par l’opinion publique, en grand danger avec la redistribution des cartes dans l’univers médiatique, elle doit également subir les assauts cyniques des communiquants, bien décidés à mettre ses lettres de noblesse au service du « consommer toujours plus », en inventant le brand journalism, ou journalisme de marques, une pâle imitation de ce qu’on peut attendre de ce métier.

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commentaires
  1. skermarrec dit :

    Bonjour Romain,
    Merci de votre commentaire et témoignage. Ce ne sont pas les individus qui sont en cause, et je comprends qu’on peut faire votre travail avec un maximum d’honnêteté. Il n’en reste pas moins qu’il faut garder au mot leur sens, et qu’à mon avis le brand journalism se rapproche plus de la communication que du journalisme…et poursuit donc des buts différents. Alors pourquoi ne pas l’appeler brand communication ? Ce ne serait une offense pour personne mais plutôt une clarification.

  2. Romain dit :

    Bonjour Sylvie,
    Vos propos engagés sont intéressants, encore plus quand il sont un peu modéré par la suite dans les commentaires. Je suis Romain, de l’Agence Morse. Nous pratiquons le Brand Journalisme (boooouuuh) pour des marques variées. S’il est important de distinguer journalisme d’investigation, journalisme politique, journalisme sportif, … dudit brand journalimse, il n’en a pas moins le mérite de faire vivre une information. Et je pense que c’est bien là le cœur du sujet, non pas dans la capacité à écrire ou formuler, mais dans l’opportunité et la qualité de l’information. Un édito, une enquête sur les comptes en Suisse d’un ministre français, un article de presse sur un scandale alimentaire, sont des informations de premier rang. Elles font la noblesse du journalisme et pourtant… de très bons journalistes comme de très mauvais en parlent. Ce que je veux dire, c’est que nous n’avons pas tous l’opportunité professionnelle de traiter ces sujets et d’en vivre. Alors on se rabat, contraints et forcés, vers la rédaction de contenus pour le compte de clients ! Et on s’aperçoit que c’est très intéressant ! Parce que l’âme du journaliste reste vive, non pas dans l’écriture, mais dans la méthode : le questionnement, la remise en question, l’étonnement. On pousse nos marques dans le fond des sujets. M. le Client, vous avez mis en place un système de formation des jeunes par les anciens ? Oui, mais quels retours ? M. le Client, vous me parlez de votre initiative pour réduire l’impact carbone, mais quid de tous ces déplacement en France en avion ? Alors il est vrai que je ne vais pas dénoncer mon client dans son propre canard, mais je participe à faire passer un message : M. le client, je me fais l’avocat des lecteurs, racontez moi des choses intéressantes, allez au bout de vos initiatives, c’est la seule méthode pour avoir bonne presse 😉

  3. skermarrec dit :

    D’accord globalement sur votre commentaire, dont je vous remercie. Ma chronique ne visait pas les journalistes. Effectivement, beaucoup n’ont pas vraiment le choix du support dans lequel ils vont écrire. Ma critique allait plutôt vers cette tendance à gommer les frontières entre des métiers qui ont des objectifs différents et une déontologie différente. Et même si cette frontière est difficile à maintenir – et ce n’est pas d’aujourd’hui – il n’en reste pas moins qu’à mon avis, il faut continuer à la défendre.

  4. Tellement vrai… Mais faut-il vraiment jeter la pierre aux marques ? Pas si sûr ! Les grands médias traditionnels ont une part de la responsabilité. Un jeune journaliste (talentueux s’entend !) qui se lance n’a quasiment aucune chance de se voir proposer des piges dans les grands journaux. En presse régionale, réputée plus souple pourtant, il y a belle lurette que les journalistes pigistes triment pour le SMIC, et encore… La question est bien là il me semble. L’argent est le nerf de la guerre. Et la profession de journaliste, aussi noble soit-elle, a besoin de manger et de payer un loyer. C’est trivial, mais réaliste. Entre des stages et des petits boulots à répétition payés au strict minimum et des rentrées régulières rétribuées à une juste valeur par des marques, il n’y a malheureusement pas photo. D’autant plus qu’à bien y regarder, dans bon nombre de magazines, la rédaction se trouve souvent très orientée par la stratégie commerciale du-dit magazine. De plus en plus le rédactionnel objectif ressemble à s’y méprendre à du publi-rédactionnel. C’est d’autant plus pervers que le lecteur se retrouve alors en porte à faux… Et que dire de la profession de journaliste dans ce cas ! Mieux vaut pour le coup jouer franc jeu en travaillant directement pour des marques.